La Commission européenne estime que l’ Union européenne devra investir 241 milliards d’euros dans les infrastructures nucléaires d’ici 2050 pour atteindre ses objectifs de neutralité climatique et de décarbonation. Ce chiffre figure dans le dernier programme indicatif nucléaire (PINC) de la Commission, publié mardi, dans le cadre de la stratégie plus large de l’UE visant à renforcer la sécurité énergétique et la compétitivité industrielle tout en progressant vers la neutralité carbone. Cette projection d’investissement est liée au plan REPowerEU et au Pacte industriel propre, qui visent conjointement à réduire la dépendance aux combustibles fossiles et à renforcer les capacités de l’Union en matière d’énergie propre.

Selon le rapport PINC, atteindre les objectifs de décarbonation d’ici 2050 nécessite de moderniser les centrales nucléaires existantes, de construire de nouveaux réacteurs, notamment des petits réacteurs modulaires (PRM), et de moderniser le cycle du combustible et les systèmes de gestion des déchets. L’énergie nucléaire représente actuellement environ 23 % de la production d’électricité dans l’ UE , avec des contributions variables selon les États membres. Alors que certains pays comme l’Allemagne sont en train d’abandonner complètement le nucléaire, d’autres, comme la France , la Hongrie et la République tchèque, développent leurs programmes nucléaires afin de garantir la sécurité énergétique et une alimentation de base stable.
Le scénario de référence de la Commission prévoit une augmentation de la capacité nucléaire de 98 gigawatts (GW) à 109 GW d’ici le milieu du siècle. Dans un scénario plus optimiste, supposant moins de retards et un consensus politique plus large, la capacité pourrait atteindre 144 GW. Cette croissance projetée souligne le rôle de l’énergie nucléaire comme source constante et répartissable, complémentaire des énergies renouvelables intermittentes comme l’éolien et le solaire. Alors que plus de 90 % de l’électricité de l’UE devrait provenir de sources décarbonées d’ici 2040, l’énergie nucléaire se positionne comme un pilier essentiel de la stratégie énergétique à long terme de l’Union.
La Commission soutient que le nucléaire peut contribuer à réduire la dépendance aux combustibles fossiles, à améliorer la stabilité du réseau et à soutenir la décarbonation industrielle. Cependant, le développement de la capacité nucléaire est semé d’embûches. Parmi les principaux problèmes figurent les coûts initiaux élevés, la longueur des délais de construction et les inquiétudes du public concernant la sûreté nucléaire et les déchets radioactifs. Pour surmonter ces obstacles, le rapport du PINC préconise des cadres de financement mixtes incluant des subventions publiques, des prêts institutionnels, des capitaux privés et des mécanismes de partage des risques.
La Commission encourage également les États membres à collaborer sur des initiatives nucléaires transfrontalières et à harmoniser la réglementation afin de réduire les risques liés aux projets et d’attirer les investissements. Alors que l’UE se rapproche de ses objectifs climatiques pour 2050, l’énergie nucléaire devrait rester un pilier de son mix énergétique diversifié, résilient et sobre en carbone. – Par le bureau de presse de MENA Newswire .
