Eurowire News Desk: Un nombre croissant d’Américains fortunés transfèrent leurs actifs en Suisse dans un contexte de regain d’incertitude politique et financière auxÉtats-Unis.Les banques suissesont signalé une hausse significative des ouvertures de comptes par des Américains fortunés ces derniers mois, citant une tendance qui coïncide avec les périodes d’instabilité intérieure aux États-Unis. Cette tendance semble s’accélérer pendant le second mandat du présidentDonald Trump.suisses, réputées pour leur stabilité, leur monnaie forte et leur système juridique favorable aux investisseurs, sont recherchées comme des alternatives sûres paraméricainssouhaitant protéger leur patrimoine.

Cette hausse s’inscrit dans la continuité de précédents historiques, tels que la crise financière de 2007-2008 et la pandémie de COVID-19, au cours desquelles les banques suisses ont également constaté une augmentation similaire du nombre de clients basés aux États-Unis cherchant à diversifier leurs actifs à l’étranger. Selon des sources sectorielles, nombre de ces investisseurs sont motivés par des inquiétudes concernant la vigueur du dollar américain, qui a chuté de plus de 8 % cette année et a récemment atteint son plus bas niveau en trois ans. La diversification des devises est devenue un thème central pour ces investisseurs, dont beaucoup réévaluent le risque de détenir leurs portefeuilles entièrement en dollars américains.
Les conseillers financiers en Suisse ont indiqué que l’intérêt provenait en particulier des Américains ayant une expérience internationale ou une double résidence, qui envisagent des stratégies de relocalisation plus larges, incluant l’achat de biens immobiliers en Europe et des options de citoyenneté alternative. Si les banques suisses ont historiquement été associées au secret professionnel et à l’évasion fiscale, les cadres réglementaires ont considérablement évolué depuis 2008. Suite aux lourdes sanctions juridiques imposées par les autorités américaines aux banques suisses pour avoir facilité l’évasion fiscale, la plupart des institutions ont mis en place des structures de conformité rigoureuses.
Aujourd’hui, l’ouverture de compte pour les citoyens américains implique des procédures transparentes, notamment une communication complète aux autorités fiscales américaines et le respect des normes internationales d’information financière. Malgré ces changements, l’ouverture d’un compte bancaire suisse depuis l’étranger reste complexe pour les citoyens américains. Bien que légalement autorisée, cette démarche nécessite un accompagnement professionnel afin de garantir le respect total de la réglementation de l’Internal Revenue Service (IRS) américain. Les institutions financières américaines n’ouvrent pas directement de comptes suisses, mais peuvent orienter leurs clients vers des sociétés suisses agréées et enregistrées auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine.
Parallèlement, les banques suisses ont réexaminé leurs relations avec les titulaires de comptes basés à l’étranger, y compris les expatriés suisses. PostFinance, prestataire de services financiers public suisse, a récemment commencé à fermer les comptes de ressortissants suisses résidant à Cuba. Cette décision s’explique par une prudence accrue face aux sanctions américaines et à l’application de la politique étrangère, qui créent des difficultés pour les citoyens suisses résidant dans des pays soumis à la surveillance internationale.
L’Organisation des Suisses de l’étranger a réagi en recherchant des partenariats avec des institutions financières désireuses de maintenir leurs services aux citoyens suisses résidant hors de Suisse. Cependant, les banques continuent d’évaluer leurs clients en fonction de leur pays de résidence, en évaluant les risques juridiques et de réputation associés. Cette sensibilité croissante reflète une évolution plus large du secteur bancaire mondial, où les institutions financières s’adaptent aux pressions géopolitiques et à l’évolution des attentes réglementaires.
